Pendant qu’elle baratinait et qu’elle me suppliait. Mon regard fut
attiré par un chat qui était dans l’ascenseur à coté de ma voisine. Il
était d’un noir éblouissant avec un pelage brillant contrairement à ses
pattes qui étaient blanches comme le lune. Il les lava avec une grande
application pour qu’elles soient aussi propre que le reste de sa
fourrure . Pourtant tout d’un coup il disparut, comme par enchantement,
comme s’il n’avait jamais été là. Je fus tellement intriguée par ce
Lucifer que je ne put remarquer que le discours de madame Calment
servait de diversion . Je me trouva donc face à face avec un pistolet
de poche entre mes deux yeux.
Le chat fantôme que j’avais vu
auparavant, le même, sans aucune distinction, réapparu. Cependant cette
fois c’était pour faire une bonne action, pas pour me perturber mais
pour m’aider dans mon braquage. J’avais placé un bidon d’essence à coté
de moi et je l’avais soigneusement rempli d’eau pour menacer ma
victime. Or dans cette situation critique je ne pouvais plus bouger il
aurait fallu un miracle. Et il s’avérait que celui-ci se produisit à
l’instant grâce à ce chat.
Le petit malin bouscula le bidon
d’essence et comme celui-ci était à cheval entre la trappe et le vide,
il tomba sans problème, et laissa échapper une grande quantité d’eau
sur le sol de l’élévateur. J’allumai précipitamment une allumette pour
ensuite effrayer ma proie.
- « Le feu ira plus vite que ta balle ! Alors montre moi tes sacs. L’argent ne m’intéresse plus. »
Ces
mots étaient très simples pour madame Calment elle décida donc de
s’exécuter sans faire d’histoire. Elle posa d’abord son pistolet sur le
sol loin d’elle et fut obligée de me faire confiance. Elle me montra
toute sorte de chose : des carte postales, timbres, jouets pour enfant,
des mouchoirs… c’est à ce moment là que je me rendis compte qu’elle
tenait beaucoup à sa famille bien qu’elle soit seul et je me promis
quand tout serait fini d’être une voisine plus attentionnée et présente
pour cette femme. Pourtant parmi tout ces objets il y avait une pierre
de rêve**que je pris sans hésiter. Elle parut étonnée de cette prise .
Et pour la remercier je partis sans aucun mot . Je fermai en silence la
trappe de l’ascenseur, j’enlevai le fil barbelé que je passai dans mon
sac avec le pierre de rêve. Le monte charge redémarra normalement,
j’attendis une heure pour que personne ne remarque le lien entre
l’étudiante et la voleuse pirate, puis je retournai tranquillement chez
moi. J’ouvris la porte de mon appartenant , comme si de rien n’était.
Soudain, le décor change, tout change. Je suis dans mon lit
j’entend les oiseaux chanter et mes parents à l’autre bout de la maison.
Ils sont sans doute en train de se disputer comme toujours. Et moi je
reste là, sans bouger, en pensant à la réalité. Celle que je veux
étouffer.
Pierre de rêve**: Pierre polie aux
dessins évocateurs de paysages, ou dessins abstraits. Couleurs
naturelles. Objet décoratif indispensable dans un cabinet de lettrés
Chinois. Associés aussi à l'art japonais des"suiseki"
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire